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LES PREAVIS POUR LA MISE EN VENTE:
Dans les locations soumises à la loi du 6 juillet
1989, le bailleur ne peut récupérer le
logement qu'à des conditions très strictes.
Principes généraux et
préavis
Le propriétaire ne peut donner congé
qu'à l'expiration du bail et moyennant un préavis
de six mois, jour pour jour, avant son terme.
Le congé doit être donné par acte
d'huissier ou lettre recommandée avec accusé
de réception.
Dans ce dernier cas, il débute au jour de la
réception effective et non de la première
présentation. Si la lettre revient avec la mention
"non réclamée", le bailleur
est donc obligé de procéder à une
nouvelle notification.
Si ce préavis n'est pas respecté, le
bail est reconduit d'office.
Quand le congé parvient prématurément,
le préavis débute à la date légale
correspondant aux six mois exigés.
Le congé doit être signifié à
tous les titulaires du bail. Il doit être signifié
séparément aux deux conjoints ou concubins
signataires d'un Pacs, même si un seul est signataire
du bail. Sauf si l'existence du conjoint ou du concubin
"pacsé" n'a pas été portée
à la connaissance du bailleur.
Le locataire peut quitter les lieux à tout moment
pendant la durée du préavis en ne payant
que les loyers de la période d'occupation.
Reprise pour vendre
Le propriétaire peut donner congé pour
vendre le logement. Mais le locataire dispose alors
d'un droit de préemption.
Ce droit de préemption ne joue pas quand la
vente a lieu en cours de bail sans que le propriétaire
donne congé. Sauf s'il s'agit de la première
vente après une mise en copropriété.
Un propriétaire qui ne parvient pas à
vendre le bien après le départ du locataire
a le droit de le relouer. Aucun délai minimal
n'est imposé. Mais le locataire peut porter l'affaire
en justice s'il estime avoir été victime
d'une manœuvre frauduleuse.
Le congé notifié au locataire doit mentionner
le prix demandé et les conditions de la vente
Il doit notamment mentionner les conditions de paiement
du prix et reproduire les cinq premiers alinéas
de l'article 15-2 de la loi du 6 juillet 1989 (cf. textes
officiels). Faute de quoi, une nullité pour vice
de forme peut être prononcée par les tribunaux.
Le locataire peut se porter acquéreur aux conditions
définies dans le congé.
Il dispose d'un délai de deux mois à compter
du début du préavis légal pour
faire connaître sa réponse. Son silence
équivaut à un refus.
Le droit de préemption ne joue pas quand le
propriétaire vend le logement à un parent
jusqu'au troisième degré inclus. Le parent
doit occuper le logement pendant au moins deux ans,
à compter de la fin du bail précédent.
S'il se porte acquéreur, le locataire doit signer
l'acte dans les deux mois qui suivent son acceptation.
Ce délai est porté à quatre mois
s'il sollicite un prêt.
Le contrat de location est prolongé jusqu'à
la date de réalisation de la vente.
Si la vente ne se réalise pas dans les délais
impartis, le contrat cesse de plein droit. Sauf si le
propriétaire est responsable de la non réalisation
(absence lors de la signature, etc.).
Quand le logement est proposé à un tiers
à des conditions plus avantageuses que celles
précisées dans le congé initial,
le locataire bénéficie d'un second droit
de préemption.
Le vendeur, ou à défaut le notaire, doit
informer l'ancien locataire de ces conditions plus avantageuses.
Le locataire dispose d'un mois pour se substituer à
l'acquéreur. Les délais de réalisation
de la vente sont identiques à ceux précisés
ci-dessus.
Congé pour habiter
Le propriétaire peut donner congé pour
habiter le logement en résidence principale ou
pour y loger un parent proche.
Cette possibilité concerne les propriétaires
personnes physiques (y compris en indivision) et les
SCI constituées exclusivement entre parents et
alliés (jusqu'au quatrième degré
inclus) pour y loger un associé.
Le congé doit mentionner le nom et l'adresse
du bénéficiaire de la reprise qui ne peut
être que le propriétaire, son conjoint
ou concubin "pacsé", son concubin (depuis
plus d'un an) ou les ascendants ou descendants des intéressés.
Le locataire peut porter l'affaire en justice s'il
constate l'inoccupation du bien et s'estime victime
d'une fraude.
Motifs légitimes et sérieux
Le propriétaire peut donner congé pour
un motif légitime et sérieux. Ce motif
n'implique pas forcément une faute du locataire.
Exemples : paiement irrégulier et tardif des
loyers, troubles de voisinage, décision de restructurer
l'immeuble, sous-location sans autorisation, reprise
pour y exercer une activité professionnelle...
Locataires protégés
Quand le locataire a plus de 70 ans et que ses ressources
sont inférieures à une fois et demie le
Smic, le propriétaire ne peut signifier le congé
qu'en proposant un autre logement.
Ce logement doit correspondre aux besoins et aux possibilités
financières du locataire et être situé
:
- dans le même arrondissement ou dans les arrondissements
ou communes limitrophes si la commune concernée
est divisée en arrondissement,
- dans le même canton ou dans les cantons ou communes
limitrophes si la commune concernée est divisée
en cantons,
dans la même commune ou dans les communes limitrophes
(sans dépasser cinq kilomètres) dans les
autres cas.
Cette obligation de relogement ne concerne pas les propriétaires
âgés de plus de 60 ans ou ceux dont les
ressources ne dépassent pas le même plafond.
Les ressources en question (de la dernière année
civile) sont appréciées à la date
du congé et l'âge est apprécié
à la date d'échéance du bail.
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